Programme 2017-2018

L’acquisition des prépositions à et de en français par des apprenants tchèques

Conférencières : Iva Dedková (Université d’Ostrava) et Hana Gruet-Skrabalova (LRL)

Date et lieu : jeudi 29 mars, 15h30, Gergovia, salle 223A

Résumé :
Dans cette contribution, nous nous interrogeons sur l’acquisition des deux prépositions françaises les plus fréquentes, de et à, par des apprenants tchèques, ainsi que sur le rôle (positif ou négatif) joué par la langue maternelle. Nous partons de l’hypothèse qu’au cours de l’acquisition :

  1. les apprenants produisent rapidement certaines constructions de manière correcte,
  2. les apprenants produisent systématiquement certaines erreurs,
  3. la source de (certaines de) ces constructions et erreurs peut être localisée dans la langue maternelle.

D’abord, nous présentons quatre contextes avec les prépositions à et de que nous avons étudiés, y compris leurs équivalents en tchèque :

  1. verbal (p. ex. Pierre a emprunté le vélo à son frère. > Pavel si vypůjčil kolo od svého bratra.),
  2. nominal (p. ex. Marie apporte les assiettes à dessert. > Marie přináší dezertní talířky / talířky na dezert.),
  3. adjectival (p. ex. Maman est contente de notre travail. > Maminka je spokojená s naší prací.),
  4. adverbial (p. ex. Beaucoup de gens ont voté pour Trump. > Mnoho lidí (N-gen) volilo Trumpa.).

Puis, nous émettons quelques hypothèses sur les possibles transferts, positifs et négatifs, du tchèque vers le français (p. ex. lorsque la construction prépositionnelle en français correspond systématiquement à une construction de la langue tchèque, les locuteurs pourront effectuer un transfert positif de cette construction). Ensuite, nous présentons les deux tâches expérimentales que nous avons menées auprès de 52 sujets, divisés en deux groupes, selon la durée d’études du français, et exposons les résultats obtenus.

La négation polyphonique. Une étude de la négation ne… pas dans quelques structures syntaxiques

Conférencière : Merete Birkelund (Department of French, School of Communication and Culture, University of Aarhus, Danemark)

Date et lieu : jeudi 8 mars, 15h30, Maison des sciences de l’homme, salle 220

Résumé :
La négation a toujours fasciné et, depuis de longues années, elle est au centre de nombreuses études allant des études pragmatiques en passant par les analyses sémantiques, syntaxiques et morphologiques. Dans cette intervention, je partirai d’une description de la négation ne … pas reposant sur les travaux d’Oswald Ducrot (1980, 1984) et ses premières idées sur la polyphonie linguistique qui, par la suite, a été élaborée par Henning Nølke dans sa théorie ScaPoLine (2004, 2017). Selon ces approches, la négation est conçue comme l’exemple canonique de polyphonie linguistique, justement parce qu’elle est susceptible d’introduire deux points de vue dans le discours, à savoir un point de vue négatif, qui est explicite, et un point de vue positif, implicite. La négation reste donc particulièrement intéressante pour les études polyphoniques. Une description polyphonique de la négation nous permet de décoder un dialogue inhérent entre différents locuteurs dans l’énoncé. Afin d’illustrer les aspects polyphoniques de la négation, je proposerai une analyse de quelques structures syntaxiques qui semblent assurer le caractère polyphonique de la négation, à savoir une analyse de ne … pas dans les énoncés modalisés par le verbe devoir et une analyse de ne … pas en combinaison avec le connecteur mais dans les énoncés adversatifs.

Séminaire de l’axe TDL : Ellipse du SV et proformes verbales

Conférencière : Hana Gruet (LRL)

Date et lieu : jeudi 24 octobre, 10h, Maison des sciences de l’homme, salle 214